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Thursday, 01 November 2007



La section des poètes et écrivains

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Ma plume est a toi

Toi malheureux affamé
Prisonnier innocent
Accusé fusillé
Déporté maltraité
Réfugié exilé
Enfant violé
Payé en craché
TB déchaussé
.
Ma plume est à toi
Toi mère pillée
Baisée par ses vicieux
Tricolore étoilée
Libérée vendue par nos frères aînés
Toi aujourd’hui qu’ils torturent sans cause
.
Ma plume est à toi
Tu vie dans le désespoir
Tu vie sans lendemain
Je sais ce que tu éprouves
Je parlerai toujours de toi
Je reprocherai toujours ceux qui te volent
Tu peux me prendre pour ami
Des innocents sont condamnés à mort
Des philosophes fuient en bateau
Des hommes valables se laissent convoités
Par des passions utopiques
.
Ô passant vaniteux malheureux
.
Ma plume est à toi
Pour te causer, pour te réconforter
Et pour te conseiller
Quand tu fais face au mauvais vent
Courage affronte-le
Car c’est ainsi que tu auras raison de lui
Toi qui souffre injustement
Que tu sois nègre ou blanc
Ma plume est à toi rien qu’à toi
.
Poème de Lefèvre Pierre Junior de Haïti

Dieu Exil
Tu fais la joie de ceux qui m’aiment
De l’insécurité je suis épargné
Du panier des cerveaux gaspillés
Sous-estimé je suis sauvé
Du chômage à perpétuité
Je suis libéré
De la justice qui voit
Je n’augmenterai pas la liste des proies
Oui que t’en a fais pour moi
.
Ö bel exil t’es trop parfait
Le latin a menti à ton sujet
Disant que tu n’es qu’un mot
Un pronom ou nom
Ô non, t’es le diable le démon
La cigarette qui tue mes poumons
Le virus du sida le cancer
L’assassin qui tue mes frères
Le mauvais remède qui guérit
Le ciel qui fera connaître l’étoile que je suis
Mon enfer mon paradis
Mon stress quotidien
Ma puce moi le chien
Mon étiquette mon parfum
Le voleur de mes nuits
Le maître de mon esprit
L’incurable des maladies
Que peut-être mon avocat
Ou ma chance traitera
Ils diront pourquoi je me plains
C’était mon choix
De vouloir porter cette croix
Je la porte pour donner goût à ma vie
Sans les larmes aux yeux
Avec toute ma fierté
Pour faire fleurir mes rêves de folie
Pour l’espoir des grands et des petits
Qui survit de ma moi dans ma mère patrie
.
Dieu exil
.
Je t’offre mon courage et mon sang
Mon corps mon être dans tes mauvais moments
Ma dignité ma liberté
Mon secret caché ma virginité
Fais-en ce que tu veux
Rien qu’en échange d’une journée
Le jour qu’elle doit s’en aller
Dans les profondeurs de six pieds
L’irremplaçable de l’humanité
Celle que jamais je ne finirai de payer
Fais que je puisse être à ses côtés
Et pouvoir revenir te retrouver
Pour purger ma peine destinée
A toi notre Dieu de la part des sans-papiers
.
Lefevre Pierre Junior

Les Jaloux
 
Ce sont les pères des Jaloux qui aimeraient faire le tout!
A leurs enfants leurs petits fous!
En les montrant tout les bouts!
Leurs têtes sont dures comme des houes!
Ils sont moux comme des loulous!
Mais les jaloux sont partout!
Ils tenteteraient de changer le gout!
De la vie de ceux qui ont des sous!
Malgré qu'ils ne réusissent pas les coups!
Votre Histoire se passait ou?
Au Pérou, à Poitou, à Moscou ou dans les cabane Lacou!
Chez nous et chez vous!
Hou hou pas du tout c'était chez les fous
D'après Takane Mahamat B!

 

.

En leur honneur

Voici :

.

Les petites mains

 .

Les petites mains sont fortes, puissantes

Elles travaillent durement la pierre

Ratissent les champs dès l’aube levante

Cueillent le coton sans chigner guère

 

Sans elles vous seriez fort moins bien

Elles assurent votre industrialisé confort

Votre café ne gouterait plus rien

S’il n’avait pas ce goût de conquistador

 

Elles s’activent sur la planète, un peu partout

Façonnent à votre gré tout vos sombres jouets

Elles vous appartiennent, un poing c’est tout

En plus porteront l’odieux de votre rejet

 

Vous les méprisez ces petites mains

Qui bâtissent vos riens, vos vies

Pire même, vous niez leurs destins

Étouffez leurs moindres pleurs, cries

 

Mais c’est bien vous qui les exploitez

Par votre proverbial je m’en foutisme

C’est bien aussi vous qui a petit feu les tuez

Bien déculpabilisés, derrière votre réconfortant altruisme

 

Elles suent, dans vos champs, vos mines

Se tuent à n’en plus vouloir vivre

Ont trop souvent fort mauvaises mines

Font tout, tout pour, qu’au fond, survivre

 

Les petites mains n’écriront jamais

Ni ne connaîtront la tendresse d’un toucher

Masturberont les touristes sexuels à souhait

Pervers éjaculat d’un monde insensé

 

Les petites mains vieillissent vite ainsi

Ont leur coupera alors le pouce

Pour mieux entrer dans les souliers Nike

Assurant le confort des pieds que vous êtes tous

 

Elles n’auront point de temps à essuyer larmes

Trop prisent quelles sont, sous votre emprise

À porter vos rêves, brandir vos armes

Défendre votre monde qui tant les méprise

 

Pour bijoux n’auront qu’ecchymoses et cicatrices

Ne joueront jamais avec les jouets quelles fabrique

Trop occupées à n’être que poupées d’injustice

Vous vous en laverez les mains, question de fric

 

Les petites mains manieront encore demain machines

Sans cesse fabriqueront toutes vos choses inutiles

D’un bout à l’autre de vos continents-usines

S’affaireront à construire votre monde tant futile

 

Sans relâche elles encore s’acharneront

Pour vous, vos rêves, leurs cauchemars

Mais les tables bientôt tourneront

Elles tenaient, ce soir, en vous en faire part

 

Toute l’énergie négative ainsi générée

Espérons, vous reviendras au visage

De ces petites mains soumises, esclavagées

Enfin, sentirez-vous toutes leurs rages

 

Les petites mains en ont pleins les bras

Elles en ont assez de votre répugnante face

Vous étranglerait, mais ne peuvent pas

Trop occupées a manufacturées vos interfaces

 

N’ont même plus la force de lutter

Mais serrent les poings, encore tard la nuit

Rêvant d’un jour être libérées

Désasujettis, de vous affranchis

 

Les petites mains inaperçues passent, dans l’oubli

35 000 enfants meurent de faim chaque jour

Un à chaque deux secondes et demie

Il faut arrêter ce génocide de l’amour

 

Allez courage poètes opprimés

De tout temps déjeté, exclus

Ils ni y a que vous qui puissiez ce monde changer

Aidez vos sœurs et frères ainsi perclus

 

Vous qui avez pouvoir de plumes

Mains tendez leurs, force mots

Faites de leurs jours, fuir écumes

Parlez nous d’eux, décriez les haut

 

Clamez leurs noms, éternités

En vous avez, encre infini

Laissez couler, feuilles, papiers

Libérez enfin de ce pas…leurs mains…leurs  vies…

 

 

…Libérez leurs rêves…

 Leurs… poésies

.

Une oeuvre de Yvon JEAN

.

Yvon JEAN est né à Montréal, a étudié à l'Université de la Vie, Poète de la rue, des sans-paroles, des exclus. Au style unique, déconcertant, anarchique, fils de bûcheron, il a bûché sa vie a grand coup de rimes et de désespoir, ne croyant qu'en la liberté, l'absolu,...Ne croyant qu'en la Poésie.


Le chant du réfugié

Une oeuvre de Slim Daouzli  (mars 2007)

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
Le cœur meurtri, les yeux enfumés.
Je suis parti les mains déchirées, les pieds dans la boue.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
La rage dans la tête, le tonnerre dans les oreilles.
Je suis parti la peur dans le ventre, mes frères dans la peau,
La fièvre dans le sang, l’amertume dans la bouche.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti mais mon âme est restée.
Par les mers et les terres sans arrêt j’ai erré,
Espéré, supplié, pour  un jour pouvoir arriver.
J’ai, des femmes et enfants sans cesse abordés,
Des vieillards et parents innocents rencontrés

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
J’ai couru,  marché,  sauté,  trébuché,
Pour un jour, la liberté pouvoir retrouver,
Pour un jour, aux miens, le goût de vivre redonner,
Et enfin le sourire et la joie pouvoir retrouver.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
Grâce à Dieu, un matin le bateau accosté,
J’ai enfin la liberté  retrouvée,
Et l’espoir revenu, j’ai enfin savouré
Ce bonheur espéré, souhaité, mérité.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Avec des menaces et  menottes j’ai été hébergé.
Dans les murs de la liberté j’ai été enfermé.
Le froid du dehors et la glace dans les cœurs
Ont été les témoins de mes premières heures.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Tous ces gens me regardent étonnés, agacés.
Dérangeant, cet étrange étranger
Qui a oublié ce qu’est le verbe manger,
Et qui a pendant des mois voyagé.
Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Je ne sais plus qui je suis, où je suis; je suis dépassé.
J’écoute, je parle, je ne comprends pas, je pleure.
Papiers, dossiers, lois, fonctionnaires, questionnaires.
Mon Dieu, pourquoi tant de méfiance et de misère?
Un drôle de mélange  avec mes enfants, mes sœurs.
Mais où sont ma mère, mon soleil,  ma maison?
Pourquoi ces ruines, ces guerres, ces larmes, sans raison?

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Ma tête est mélangée, mes os sont froids, mon sang glacé.
Me suis-je trompé de route ou m’a-t-on trompé?
M’est-il interdit de vivre enfin la paix?
La recherche de la terre promise n’est–elle qu’un mirage
Qui naît au milieu des ravages et carnages ?

Je suis arrivé et mon cœur est pansé.
Je suis arrivé et mon trouble a passé.
Ma vie ne s’arrêtera pas; finies mes souffrances.
Le monde me sourit, la vie recommence, ou commence.

Je suis arrivé, et si  ma chair est pansée,
Et que me viennent de plus belles pensées,
Mon cœur est auprès  ceux qui sont restés,
Qui se battent pour cette chère mais trop chère liberté.

Comme moi ils partiront remplis de colère
Pour enfin retrouver un être cher, une terre,
Un frère, une  mère, ou parfois un cimetière.
Comme moi ils feront ce chemin de souffrances
Pour ne plus vivre tant de maltraitance.
Comme moi ils vivront la peur et la douleur
Pour un rêve de bonheur et de douceur.


« Tu me manques…»

 Paroles d'un rap composé par  le jeune R Honba à l'occasion de la Consultation d'automne 2006 sur la réunification des familles de personnes réfugiées


Ma maman m’a envoyé une lettre.
Elle dit qu’elle m’aime et
Qu’elle ne m’oublie pas.
Mon papa m’a envoyé une lettre,
Il dit qu’il ne m’abandonne pas.

Je sais fiston,
Déjà tu crois que je t’ai abandonné.
Sûr, des tonnes de questions tu te poses
En ce qui concerne mes sentiments à ton égard.
Mais j’aurais voulu tant que tu comprennes la situation.
Dommage, ton âge ne le permet.

La peine que le manque de ma présence te fait éprouver,
Crois-moi, je connais.
Mais tiens bon fiston.
Dis-toi que ta mère que tu connais tant
N’aurait en aucun cas pris la route sans toi
S’il ne s’agissait de la vie ou de la mort.

Fiston, je t’aime fort et tu me manques tant.
Sans toi à mes côtés,
Les jours passent certes, mais la vie est plus qu’amère.
Je ne t’oublie pas,
Non, je ne t’abandonne pas.
Chasse cette idée de ton esprit.
Je t’embrasse fort, très fort fiston.

Et promis, si le ciel est bleu au-dessus de tous,
Bientôt tu seras dans mes bras.

Ma maman m’a envoyé une lettre.
Elle dit qu’elle m’aime et
Qu’elle ne m’oublie pas.
Mon papa m’a envoyé une lettre,
Il dit qu’il ne m’abandonne pas.
 
Fiston crois-moi,
Je suis sans ignorer
Ce que mon manque te fait endurer.

Souvent, les yeux je ferme
Et t’imagine à l’école avec tes amis
Te demandant où est ta mère
Et pourquoi tu n’es pas avec.
J’imagine ta peine face à ces questions.
Mais dis-toi que la mienne est encore plus lourde.
Tu le comprendras avec le temps.

Fiston, j’ai tellement de choses à te dire.
Mais déjà je pense t’es assez éprouvé pour entendre davantage.
Alors, je m’arrête fiston.
Mais sache que malgré la distance qui nous sépare,
Ton ombre répond sur toutes mes routes.
Présent, tu réponds à chacun de mes rêves.
Les yeux de mon cœur ne cessent de te regarder
Et le refrain de mes prières n’est que le ciel nous accorde la possibilité de retrouvailles.

Je t’aime fiston, tu me manques fiston.
Et ceci me pourrit la vie.
La preuve,
Dans cette lettre tu trouves les traces de mes larmes.

Ma maman m’a envoyé une lettre.
Elle dit qu’elle m’aime et
Qu’elle ne m’oublie pas.
Mon papa m’a envoyé une lettre,
Il dit qu’il ne m’abandonne pas.



80 enfants  mourront de faim pendant la lecture de cette poésie


Last Updated ( Saturday, 12 April 2008 )
 
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