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La section des poètes et écrivains 
Toi malheureux affamé Prisonnier innocent Accusé fusillé Déporté maltraité Réfugié exilé Enfant violé Payé en craché TB déchausséToi mère pillée Baisée par ses vicieux Tricolore étoilée Libérée vendue par nos frères aînés Toi aujourd’hui qu’ils torturent sans cause Tu vie dans le désespoir Tu vie sans lendemain Je sais ce que tu éprouves Je parlerai toujours de toi Je reprocherai toujours ceux qui te volent Tu peux me prendre pour ami Des innocents sont condamnés à mort Des philosophes fuient en bateau Des hommes valables se laissent convoités Par des passions utopiques .Ô passant vaniteux malheureux .Ma plume est à toi Pour te causer, pour te réconforter Et pour te conseiller Quand tu fais face au mauvais vent Courage affronte-le Car c’est ainsi que tu auras raison de lui Toi qui souffre injustement Que tu sois nègre ou blanc Ma plume est à toi rien qu’à toi . Poème de Lefèvre Pierre Junior de Haïti Tu fais la joie de ceux qui m’aiment De l’insécurité je suis épargné Du panier des cerveaux gaspillés Sous-estimé je suis sauvé Du chômage à perpétuité Je suis libéré De la justice qui voit Je n’augmenterai pas la liste des proies Oui que t’en a fais pour moi .Ö bel exil t’es trop parfait Le latin a menti à ton sujet Disant que tu n’es qu’un mot Un pronom ou nom Ô non, t’es le diable le démon La cigarette qui tue mes poumons Le virus du sida le cancer L’assassin qui tue mes frères Le mauvais remède qui guérit Le ciel qui fera connaître l’étoile que je suis Mon enfer mon paradis Mon stress quotidien Ma puce moi le chien Mon étiquette mon parfum Le voleur de mes nuits Le maître de mon esprit L’incurable des maladies Que peut-être mon avocat Ou ma chance traitera Ils diront pourquoi je me plains C’était mon choix De vouloir porter cette croix Je la porte pour donner goût à ma vie Sans les larmes aux yeux Avec toute ma fierté Pour faire fleurir mes rêves de folie Pour l’espoir des grands et des petits Qui survit de ma moi dans ma mère patrie Je t’offre mon courage et mon sang Mon corps mon être dans tes mauvais moments Ma dignité ma liberté Mon secret caché ma virginité Fais-en ce que tu veux Rien qu’en échange d’une journée Le jour qu’elle doit s’en aller Dans les profondeurs de six pieds L’irremplaçable de l’humanité Celle que jamais je ne finirai de payer Fais que je puisse être à ses côtés Et pouvoir revenir te retrouver Pour purger ma peine destinée A toi notre Dieu de la part des sans-papiers Les Jaloux Ce sont les pères des Jaloux qui aimeraient faire le tout! A leurs enfants leurs petits fous! En les montrant tout les bouts! Leurs têtes sont dures comme des houes! Ils sont moux comme des loulous! Mais les jaloux sont partout! Ils tenteteraient de changer le gout! De la vie de ceux qui ont des sous! Malgré qu'ils ne réusissent pas les coups! Votre Histoire se passait ou? Au Pérou, à Poitou, à Moscou ou dans les cabane Lacou! Hou hou pas du tout c'était chez les fous D'après Takane Mahamat B!
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En leur honneur
Voici : . Les petites mains . Les petites mains sont fortes, puissantes Elles travaillent durement la pierre Ratissent les champs dès l’aube levante Cueillent le coton sans chigner guère Sans elles vous seriez fort moins bien Elles assurent votre industrialisé confort Votre café ne gouterait plus rien S’il n’avait pas ce goût de conquistador Elles s’activent sur la planète, un peu partout Façonnent à votre gré tout vos sombres jouets Elles vous appartiennent, un poing c’est tout En plus porteront l’odieux de votre rejet Vous les méprisez ces petites mains Qui bâtissent vos riens, vos vies Pire même, vous niez leurs destins Étouffez leurs moindres pleurs, cries Mais c’est bien vous qui les exploitez Par votre proverbial je m’en foutisme C’est bien aussi vous qui a petit feu les tuez Bien déculpabilisés, derrière votre réconfortant altruisme Elles suent, dans vos champs, vos mines Se tuent à n’en plus vouloir vivre Ont trop souvent fort mauvaises mines Font tout, tout pour, qu’au fond, survivre Les petites mains n’écriront jamais Ni ne connaîtront la tendresse d’un toucher Masturberont les touristes sexuels à souhait Pervers éjaculat d’un monde insensé Les petites mains vieillissent vite ainsi Ont leur coupera alors le pouce Pour mieux entrer dans les souliers Nike Assurant le confort des pieds que vous êtes tous Elles n’auront point de temps à essuyer larmes Trop prisent quelles sont, sous votre emprise À porter vos rêves, brandir vos armes Défendre votre monde qui tant les méprise Pour bijoux n’auront qu’ecchymoses et cicatrices Ne joueront jamais avec les jouets quelles fabrique Trop occupées à n’être que poupées d’injustice Vous vous en laverez les mains, question de fric Les petites mains manieront encore demain machines Sans cesse fabriqueront toutes vos choses inutiles D’un bout à l’autre de vos continents-usines S’affaireront à construire votre monde tant futile Sans relâche elles encore s’acharneront Pour vous, vos rêves, leurs cauchemars Mais les tables bientôt tourneront Elles tenaient, ce soir, en vous en faire part Toute l’énergie négative ainsi générée Espérons, vous reviendras au visage De ces petites mains soumises, esclavagées Enfin, sentirez-vous toutes leurs rages Les petites mains en ont pleins les bras Elles en ont assez de votre répugnante face Vous étranglerait, mais ne peuvent pas Trop occupées a manufacturées vos interfaces N’ont même plus la force de lutter Mais serrent les poings, encore tard la nuit Rêvant d’un jour être libérées Désasujettis, de vous affranchis Les petites mains inaperçues passent, dans l’oubli 35 000 enfants meurent de faim chaque jour Un à chaque deux secondes et demie Il faut arrêter ce génocide de l’amour Allez courage poètes opprimés De tout temps déjeté, exclus Ils ni y a que vous qui puissiez ce monde changer Aidez vos sœurs et frères ainsi perclus Vous qui avez pouvoir de plumes Mains tendez leurs, force mots Faites de leurs jours, fuir écumes Parlez nous d’eux, décriez les haut Clamez leurs noms, éternités En vous avez, encre infini Laissez couler, feuilles, papiers Libérez enfin de ce pas…leurs mains…leurs vies… …Libérez leurs rêves… Leurs… poésies . Une oeuvre de Yvon JEAN .
Yvon JEAN est né à Montréal, a étudié à l'Université de la Vie, Poète de la rue, des sans-paroles, des exclus. Au style unique, déconcertant, anarchique, fils de bûcheron, il a bûché sa vie a grand coup de rimes et de désespoir, ne croyant qu'en la liberté, l'absolu,...Ne croyant qu'en la Poésie.
Le chant du réfugié Une oeuvre de Slim Daouzli (mars 2007) Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi, Le cœur meurtri, les yeux enfumés. Je suis parti les mains déchirées, les pieds dans la boue.Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi, La rage dans la tête, le tonnerre dans les oreilles. Je suis parti la peur dans le ventre, mes frères dans la peau, La fièvre dans le sang, l’amertume dans la bouche. Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi. Mon corps est parti mais mon âme est restée. Par les mers et les terres sans arrêt j’ai erré, Espéré, supplié, pour un jour pouvoir arriver. J’ai, des femmes et enfants sans cesse abordés, Des vieillards et parents innocents rencontrés Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi. Mon corps est parti, mais mon âme est restée. J’ai couru, marché, sauté, trébuché, Pour un jour, la liberté pouvoir retrouver, Pour un jour, aux miens, le goût de vivre redonner, Et enfin le sourire et la joie pouvoir retrouver. Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi. Mon corps est parti, mais mon âme est restée. Grâce à Dieu, un matin le bateau accosté, J’ai enfin la liberté retrouvée, Et l’espoir revenu, j’ai enfin savouré Ce bonheur espéré, souhaité, mérité. Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé. Avec des menaces et menottes j’ai été hébergé. Dans les murs de la liberté j’ai été enfermé. Le froid du dehors et la glace dans les cœurs Ont été les témoins de mes premières heures. Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé. Tous ces gens me regardent étonnés, agacés. Dérangeant, cet étrange étranger Qui a oublié ce qu’est le verbe manger, Et qui a pendant des mois voyagé. Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé. Je ne sais plus qui je suis, où je suis; je suis dépassé. J’écoute, je parle, je ne comprends pas, je pleure. Papiers, dossiers, lois, fonctionnaires, questionnaires. Mon Dieu, pourquoi tant de méfiance et de misère? Un drôle de mélange avec mes enfants, mes sœurs. Mais où sont ma mère, mon soleil, ma maison? Pourquoi ces ruines, ces guerres, ces larmes, sans raison? Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé. Ma tête est mélangée, mes os sont froids, mon sang glacé. Me suis-je trompé de route ou m’a-t-on trompé? M’est-il interdit de vivre enfin la paix? La recherche de la terre promise n’est–elle qu’un mirage Qui naît au milieu des ravages et carnages ? Je suis arrivé et mon cœur est pansé. Je suis arrivé et mon trouble a passé. Ma vie ne s’arrêtera pas; finies mes souffrances. Le monde me sourit, la vie recommence, ou commence. Je suis arrivé, et si ma chair est pansée, Et que me viennent de plus belles pensées, Mon cœur est auprès ceux qui sont restés, Qui se battent pour cette chère mais trop chère liberté. Comme moi ils partiront remplis de colère Pour enfin retrouver un être cher, une terre, Un frère, une mère, ou parfois un cimetière. Comme moi ils feront ce chemin de souffrances Pour ne plus vivre tant de maltraitance. Comme moi ils vivront la peur et la douleur Pour un rêve de bonheur et de douceur.
« Tu me manques…» Paroles d'un rap composé par le jeune R Honba à l'occasion de la Consultation d'automne 2006 sur la réunification des familles de personnes réfugiées Ma maman m’a envoyé une lettre. Elle dit qu’elle m’aime et Qu’elle ne m’oublie pas. Mon papa m’a envoyé une lettre, Il dit qu’il ne m’abandonne pas.
Je sais fiston, Déjà tu crois que je t’ai abandonné. Sûr, des tonnes de questions tu te poses En ce qui concerne mes sentiments à ton égard. Mais j’aurais voulu tant que tu comprennes la situation. Dommage, ton âge ne le permet. La peine que le manque de ma présence te fait éprouver, Crois-moi, je connais. Mais tiens bon fiston. Dis-toi que ta mère que tu connais tant N’aurait en aucun cas pris la route sans toi S’il ne s’agissait de la vie ou de la mort. Fiston, je t’aime fort et tu me manques tant. Sans toi à mes côtés, Les jours passent certes, mais la vie est plus qu’amère. Je ne t’oublie pas, Non, je ne t’abandonne pas. Chasse cette idée de ton esprit. Je t’embrasse fort, très fort fiston. Et promis, si le ciel est bleu au-dessus de tous, Bientôt tu seras dans mes bras. Ma maman m’a envoyé une lettre. Elle dit qu’elle m’aime et Qu’elle ne m’oublie pas. Mon papa m’a envoyé une lettre, Il dit qu’il ne m’abandonne pas. Fiston crois-moi, Je suis sans ignorer Ce que mon manque te fait endurer. Souvent, les yeux je ferme Et t’imagine à l’école avec tes amis Te demandant où est ta mère Et pourquoi tu n’es pas avec. J’imagine ta peine face à ces questions. Mais dis-toi que la mienne est encore plus lourde. Tu le comprendras avec le temps. Fiston, j’ai tellement de choses à te dire. Mais déjà je pense t’es assez éprouvé pour entendre davantage. Alors, je m’arrête fiston. Mais sache que malgré la distance qui nous sépare, Ton ombre répond sur toutes mes routes. Présent, tu réponds à chacun de mes rêves. Les yeux de mon cœur ne cessent de te regarder Et le refrain de mes prières n’est que le ciel nous accorde la possibilité de retrouvailles. Je t’aime fiston, tu me manques fiston. Et ceci me pourrit la vie. La preuve, Dans cette lettre tu trouves les traces de mes larmes. Ma maman m’a envoyé une lettre. Elle dit qu’elle m’aime et Qu’elle ne m’oublie pas. Mon papa m’a envoyé une lettre, Il dit qu’il ne m’abandonne pas.
80 enfants mourront de faim pendant la lecture de cette poésie
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